Combien gagne un député en 2026 ?

En 2026, un député français perçoit une indemnité parlementaire brute de 7 637,39 euros par mois, soit 5 953,34 euros net avant impôt. Cette rémunération, strictement identique à celle des sénateurs, est complétée par des moyens conséquents pour exercer le mandat : une avance pour frais de mandat (AFM) de 6 353 euros mensuels et un crédit de 11 118 euros pour rémunérer jusqu’à cinq collaborateurs. Au total, ce sont plus de 25 000 euros de fonds publics qui transitent chaque mois par député. Décryptage complet d’une rémunération encadrée par la loi.

 

Les chiffres clés du salaire d’un député en 2026

  • Indemnité brute mensuelle : 7 637,39 euros
  • Indemnité nette avant impôt : 5 953,34 euros
  • Avance pour frais de mandat (AFM) : 6 353 euros/mois
  • Crédit collaborateurs : 11 118 euros/mois
  • Dotation matérielle (DMD) : 16 790 euros/an
  • Allocation de retour à l’emploi : 4 353,31 euros brut

 

Infographie, combien gagne un député en 2026 ?

 

Quel est le salaire d’un député en 2026 ?

Comme pour les sénateurs, les députés ne perçoivent pas un « salaire » au sens strict, mais une « indemnité parlementaire ». Cette nuance juridique traduit la nature de la fonction : représenter la Nation n’est pas un métier comme les autres, c’est une mission de service public.

L’indemnité parlementaire est encadrée par l’ordonnance organique n° 58-1210 du 13 décembre 1958. Les députés ne fixent donc pas eux-mêmes le montant de leur rémunération : celle-ci est indexée sur le traitement des hauts fonctionnaires classés « hors échelle ». Cette règle garantit transparence et automaticité dans les revalorisations.

 

Composante de l’indemnité Montant brut mensuel Calcul
Indemnité parlementaire de base 5 931,95 euros Référence hors échelle
Indemnité de résidence (3 %) 177,96 euros 3 % de la base
Indemnité de fonction (25 %) 1 527,48 euros 25 % de (base + résidence)
Total brut 7 637,39 euros

 

Ces montants sont issus de documents officiels

Tous les chiffres présentés dans cet article proviennent de la fiche de synthèse n° 7 de l’Assemblée nationale (« La situation matérielle du député »), mise à jour au 7 mai 2025, ainsi que de l’ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958. Ces sources institutionnelles garantissent l’exactitude des données.

 

Comment est calculée l’indemnité parlementaire d’un député ?

Le mécanisme de calcul repose sur deux piliers : l’ordonnance organique de 1958 qui fixe la règle, et la valeur du point d’indice de la fonction publique qui détermine les montants.

 

L’ordonnance de 1958 : le cadre juridique

L’ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958 établit le principe fondamental : l’indemnité parlementaire est fixée par référence au traitement des fonctionnaires occupant les emplois les plus élevés de l’État. Cette règle vise un double objectif : assurer l’indépendance financière des députés pour qu’ils puissent exercer leur mandat sans pression économique, et garantir une forme de modération en liant leur sort à celui des hauts fonctionnaires.

Les députés, contrairement à une idée reçue tenace, n’ont donc pas la main sur leur propre rémunération. Celle-ci évolue automatiquement avec le point d’indice de la fonction publique.

 

Les trois composantes officielles de l’indemnité

L’indemnité parlementaire se décompose en trois éléments distincts, conformément à la fiche officielle de l’Assemblée nationale. L’indemnité de base (5 931,95 euros) correspond à la moyenne entre le traitement le plus bas et le plus élevé des fonctionnaires « hors échelle ». L’indemnité de résidence (177,96 euros) représente 3 % de cette base. Enfin, l’indemnité de fonction (1 527,48 euros) équivaut à 25 % du total base + résidence.

Ce mécanisme, identique à celui des sénateurs, assure une revalorisation automatique lorsque le point d’indice augmente. Les hausses successives de 2022 (+3,5 %), 2023 (+1,5 %) et 2024 (+5 points d’indice) ont ainsi porté l’indemnité brute à 7 637,39 euros, montant toujours en vigueur début 2026.

 

Du brut au net : les retenues sur l’indemnité

 

Nature de la retenue Montant mensuel
Cotisation au régime de pensions 828,66 euros
CSG-CRDS 740,83 euros
Cotisation au FAMDRE (fonds de garantie) 76,37 euros
Contribution « transition professionnelle » 38,19 euros
Total des retenues 1 684,05 euros

Après déduction de l’ensemble des cotisations obligatoires, l’indemnité nette avant impôt sur le revenu s’établit à 5 953,34 euros par mois. Ce montant, explicitement donné par la fiche officielle de l’Assemblée nationale, est légèrement supérieur à celui des sénateurs (5 676,12 euros) en raison de retenues différentes entre les deux assemblées.

Le net après impôt dépend de la situation personnelle de chaque député (quotient familial, autres revenus). En appliquant un taux de prélèvement à la source moyen de 25 à 30 %, on peut estimer le net après impôt à environ 4 200 à 4 500 euros mensuels.

 

Quels autres moyens financiers un député a-t-il à sa disposition ?

L’indemnité parlementaire ne constitue qu’une partie des moyens mis à disposition des députés pour exercer leur mandat. Plusieurs enveloppes complémentaires, strictement encadrées, viennent s’y ajouter.

 

L’avance de frais de mandat (AFM) : 6 353 euros par mois

Selon la fiche officielle de l’Assemblée nationale, l’avance de frais de mandat s’élève à 6 353 euros mensuels pour un député élu en métropole. Ce montant est revalorisé comme les traitements de la fonction publique.

L’AFM a remplacé l’ancienne IRFM (indemnité représentative de frais de mandat) suite à la décision du Bureau de l’Assemblée du 29 novembre 2017. Elle est destinée à couvrir les dépenses liées à l’exercice du mandat : loyer et fonctionnement d’une permanence en circonscription, déplacements, frais de réception, documentation, communication avec les électeurs.

Contrairement à l’ancienne IRFM, l’utilisation de l’AFM fait l’objet d’un contrôle. Les députés doivent justifier leurs dépenses et restituer les sommes non utilisées ou non justifiées en fin de mandat.

 

Le crédit collaborateurs : 11 118 euros par mois

Chaque député dispose d’un crédit mensuel de 11 118 euros pour rémunérer ses collaborateurs parlementaires. Cette enveloppe permet d’employer jusqu’à cinq personnes : assistants parlementaires, attachés de presse, chargés de mission, secrétaires.

Les charges patronales sont payées directement par l’Assemblée nationale ; le député ne dispose que du brut collaborateurs dans ce crédit. Le salaire brut d’un collaborateur parlementaire doit respecter des planchers et plafonds fixés par le Bureau de l’Assemblée.

Ces collaborateurs assistent le député dans ses travaux législatifs (rédaction d’amendements, préparation des questions au gouvernement), ses interventions en commission, sa communication et ses relations avec les électeurs de la circonscription.

 

Transports, hébergement et dotation matérielle

Au-delà de l’AFM et du crédit collaborateurs, les députés bénéficient de plusieurs avantages logistiques encadrés par l’Assemblée nationale.

La dotation matérielle des députés (DMD) s’élève à 16 790 euros par an. Elle permet de prendre en charge la téléphonie, l’informatique, les frais de courrier, les taxis et VTC dans certaines limites.

Côté hébergement à Paris, trois options s’offrent aux députés : la résidence de l’Assemblée (51 chambres disponibles), le remboursement des nuitées d’hôtel (plafond de 200 euros par nuit), ou une dotation d’hébergement de 1 200 euros par mois pour un pied-à-terre, sous conditions strictes.

Pour les transports, l’Assemblée prend en charge les déplacements SNCF (1re ou 2e classe) entre la circonscription et Paris. Les députés métropolitains disposent également de 80 passages aériens annuels entre Paris et leur circonscription, soit environ 40 allers-retours. Le Passe Navigo ou son équivalent est également pris en charge.

 

Récapitulatif des moyens financiers d’un député

 

Poste Montant Nature
Indemnité parlementaire 7 637,39 euros brut/mois Rémunération personnelle
Avance frais de mandat (AFM) 6 353 euros/mois Frais professionnels contrôlés
Crédit collaborateurs 11 118 euros brut/mois Masse salariale équipe
Dotation matérielle (DMD) 16 790 euros/an Équipement et frais divers
Dotation hébergement Paris 1 200 euros/mois Sous conditions
Transports SNCF + aérien Prise en charge + 80 vols/an Avantage en nature

 

Que se passe-t-il quand un député perd son siège ?

La fin de mandat, qu’elle résulte d’une non-réélection, d’une démission ou d’une dissolution, ouvre droit à des dispositifs d’accompagnement prévus par l’Assemblée nationale.

 

L’allocation de retour à l’emploi des députés

Les députés non réélus et sans activité professionnelle peuvent bénéficier de l’allocation d’assurance mutuelle de retour à l’emploi (AAMRE). Selon la fiche officielle de l’Assemblée nationale, cette allocation s’élève à 57 % de l’indemnité parlementaire, soit 4 353,31 euros brut mensuels.

La durée d’indemnisation de base est de 18 mois, mais peut être portée à 24, 30 ou 36 mois selon l’âge du député et la conjoncture du marché de l’emploi. Cette allocation est soumise à la CSG-CRDS et à l’impôt sur le revenu.

Le financement de ce dispositif repose sur une contribution de 1 % prélevée sur l’indemnité parlementaire de chaque député en exercice, soit 76,37 euros par mois (cotisation au FAMDRE).

 

Le régime de retraite des députés

Les députés cotisent à un régime de retraite spécifique, la Caisse de pensions des anciens députés. La cotisation mensuelle s’élève à 828,66 euros, prélevée sur l’indemnité brute. Ce régime fonctionne par répartition, les cotisations des députés en exercice finançant les pensions des anciens.

L’âge d’ouverture des droits et les conditions de liquidation ont été alignés sur le régime général suite aux réformes successives. Un député n’ayant effectué qu’un seul mandat de cinq ans peut prétendre à une pension partielle à l’âge de la retraite.

 

Un député peut-il cumuler son indemnité avec d’autres revenus ?

La question du cumul des mandats et des indemnités fait l’objet d’un encadrement strict depuis les lois de 2014 et 2017.

 

Le plafond de cumul avec les mandats locaux

Un député peut conserver un mandat local (conseiller municipal, départemental ou régional), mais le cumul avec un mandat exécutif local (maire, président de conseil départemental ou président de région) est interdit depuis 2017.

Lorsqu’il perçoit des indemnités au titre d’un mandat local, le total ne peut excéder 2 965,98 euros par mois, soit 1,5 fois l’indemnité parlementaire de base après cotisations. Ce plafonnement vise à limiter le cumul des rémunérations publiques tout en permettant aux députés de conserver un ancrage territorial.

 

Le cumul avec une activité professionnelle

Rien n’interdit juridiquement à un député d’exercer une activité professionnelle parallèle. Toutefois, les obligations de présence à l’Assemblée (séances publiques, commissions, groupes de travail) et la charge de travail parlementaire rendent ce cumul difficile en pratique.

Les déclarations d’intérêts publiées par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) permettent de connaître les activités et revenus annexes de chaque député.

 

Salaire de député et pouvoir d’achat : comparaison avec les Français

L’expression « gagner comme un député » évoque une rémunération confortable. Comment se situe réellement l’indemnité parlementaire par rapport aux revenus des Français ?

 

Comparaison officielle avec le SMIC 2026

 

Référence Montant mensuel 2026 Ratio vs député (brut)
SMIC brut temps plein 1 823 euros 1/4,2
Salaire médian français (net) ~2 100 euros 1/2,8
Salaire moyen fonction publique (net) ~2 431 euros 1/2,4
Député (indemnité brute) 7 637,39 euros 1
10 % des salariés les mieux payés > 4 000 euros net

Avec 7 637 euros brut mensuels (soit 5 953 euros net avant impôt), un député gagne environ 4,2 fois le SMIC brut et un peu moins de 3 fois le salaire médian français. Il se situe dans les 10 % des revenus les plus élevés du pays, sans pour autant atteindre le 1 % supérieur (au-delà de 9 640 euros nets mensuels).

 

Comparaison avec les autres élus et responsables publics

Dans la hiérarchie des rémunérations publiques, le député se situe en dessous des membres du gouvernement. Un ministre perçoit 10 692 euros brut mensuels, le Premier ministre 16 038 euros. L’indemnité parlementaire dépasse en revanche celle des élus locaux : un président de région touche environ 5 500 euros brut, un maire de grande ville entre 4 000 et 5 600 euros selon la strate démographique.

Du côté de la haute fonction publique, un préfet perçoit entre 6 500 et 9 000 euros net selon son échelon, un haut fonctionnaire en administration centrale peut atteindre des niveaux comparables ou supérieurs.

 

Députés et sénateurs : même indemnité, moyens différents

Députés et sénateurs perçoivent exactement la même indemnité parlementaire : 7 637,39 euros brut mensuels en 2026. Cette égalité de traitement découle du principe constitutionnel d’égalité entre les deux assemblées du Parlement.

Les différences se situent dans les enveloppes annexes. Le crédit collaborateurs est plus élevé à l’Assemblée nationale (11 118 euros) qu’au Sénat (environ 8 827 euros), ce qui permet aux députés d’employer jusqu’à cinq collaborateurs contre deux à trois pour les sénateurs. En revanche, l’AFM est plus élevée au Sénat (6 600 euros) qu’à l’Assemblée (6 353 euros).

Le net avant impôt diffère également légèrement : 5 953,34 euros pour un député contre 5 676,12 euros pour un sénateur. Cette différence s’explique par des régimes de cotisations propres à chaque assemblée (caisses de retraite distinctes, taux de cotisation variables).

 

Ce qu’il faut retenir sur le salaire d’un député

Avec 7 637,39 euros brut mensuels en 2026, soit 5 953,34 euros net avant impôt, l’indemnité parlementaire d’un député le place parmi les 10 % des Français les mieux rémunérés. Cette indemnité, identique à celle des sénateurs, n’est pas fixée par les députés eux-mêmes mais indexée sur le traitement des hauts fonctionnaires.

Au-delà de cette rémunération personnelle, les députés disposent de moyens conséquents pour exercer leur mandat : une avance pour frais de mandat de 6 353 euros (contrôlée et à justifier), un crédit de 11 118 euros pour leurs collaborateurs, une dotation matérielle de 16 790 euros par an et divers avantages logistiques. L’ensemble représente un coût global de l’ordre de 26 000 à 27 000 euros par mois et par député, hors fonctionnement du Palais Bourbon.

En cas de non-réélection, les députés bénéficient d’une allocation de retour à l’emploi (57 % de l’indemnité, soit 4 353 euros) pendant 18 à 36 mois selon leur situation. Ils cotisent également à un régime de retraite spécifique qui leur ouvre des droits à pension proportionnels à leur durée de mandat.

 

Pour aller plus loin sur les rémunérations des élus

Découvrez également combien gagnent les autres acteurs de la vie politique française : les sénateurs (7 637 euros brut), les ministres (10 692 euros), le Premier ministre (16 038 euros), le président de la République, ou encore les sous-préfets.

 

Questions fréquentes sur le salaire d’un député

 

Quel est le salaire net d’un député en 2026 ?

Un député perçoit une indemnité brute de 7 637,39 euros par mois. Après déduction des cotisations obligatoires (retraite, CSG-CRDS, FAMDRE), le net avant impôt s’établit à 5 953,34 euros selon la fiche officielle de l’Assemblée nationale. Selon le taux de prélèvement à la source applicable, le net après impôt se situe généralement entre 4 200 et 4 500 euros mensuels.

 

Un député gagne-t-il plus qu’un sénateur ?

Non, l’indemnité parlementaire est strictement identique : 7 637,39 euros brut mensuels. Toutefois, le net avant impôt diffère légèrement (5 953 euros pour un député, 5 676 euros pour un sénateur) en raison de régimes de cotisations propres à chaque assemblée. Les enveloppes annexes diffèrent également : crédit collaborateurs plus élevé à l’Assemblée (11 118 euros vs 8 827 euros), AFM plus élevée au Sénat (6 600 euros vs 6 353 euros).

 

Un député non réélu touche-t-il le chômage ?

Oui, sous la forme d’une allocation de retour à l’emploi (AAMRE) représentant 57 % de l’indemnité parlementaire, soit 4 353,31 euros brut mensuels. La durée d’indemnisation varie de 18 à 36 mois selon l’âge et la situation. Ce dispositif est financé par une cotisation de 1 % prélevée sur l’indemnité de chaque député en exercice.

 

Un député peut-il cumuler son indemnité avec un mandat de maire ?

Non, depuis 2017, le cumul d’un mandat parlementaire avec un mandat exécutif local (maire, président de département ou de région) est interdit. Un député peut toutefois conserver un mandat de conseiller municipal, départemental ou régional, avec des indemnités plafonnées à 2 965,98 euros par mois.

 

Combien coûte un député à l’État chaque mois ?

En additionnant l’indemnité brute (7 637 euros), l’AFM (6 353 euros), le crédit collaborateurs (11 118 euros), la quote-part mensuelle de la DMD (environ 1 400 euros) et la dotation hébergement éventuelle (1 200 euros), le coût global se situe entre 26 000 et 27 000 euros par mois et par député, hors fonctionnement général du Palais Bourbon et charges de structure.

 

Les députés fixent-ils eux-mêmes leur salaire ?

Non, c’est une idée reçue. L’indemnité parlementaire est fixée par l’ordonnance organique n° 58-1210 du 13 décembre 1958 et indexée sur le traitement des hauts fonctionnaires « hors échelle ». Elle évolue automatiquement avec le point d’indice de la fonction publique, sans vote ni décision des députés eux-mêmes.

 

Sources

Cet article a été rédigé exclusivement à partir des données officielles les plus récentes. Dernière mise à jour : janvier 2026.

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