Face à l’isolement croissant des territoires ruraux privés de trains, la ferromobile se présente comme une réponse pragmatique et inattendue. Cette camionnette hybride, capable de passer de la route au rail, entend redonner vie aux infrastructures laissées à l’abandon par les décideurs. L’analyse de ce projet dévoile une stratégie économique audacieuse pour reconnecter les zones oubliées sans ruiner les collectivités.
- Un véhicule hybride pour ranimer les voies ferrées oubliées
- Un modèle économique frugal face au défi ferroviaire
- Du concept à la réalité : l’expérimentation dans le Puy-de-Dôme
Un véhicule hybride pour ranimer les voies ferrées oubliées

Qu’est-ce que le projet Ferromobile ?
La Ferromobile se définit comme un véhicule bi-modal capable de rouler sur route et sur rail. Cette navette dérive directement du Peugeot e-Traveller de série. Elle est entièrement électrique.
Sur le bitume, un chauffeur conduit, puis le système bascule en mode autonome sur les rails. L’habitacle accueille jusqu’à huit personnes.
La mission : reconnecter les territoires délaissés
Ce projet vise le désenclavement des territoires ruraux et des petites communes oubliées. L’isolement y devient insupportable.
L’idée est d’apporter une solution agile pour réveiller les petites lignes ferroviaires abandonnées. Le train classique y a échoué. Cette approche comble ce vide.
Un modèle économique frugal face au défi ferroviaire
Une alternative économique au TER
La ferromobile rompt avec le modèle financier du Train Express Régional. Ce système allège drastiquement la facture publique face aux coûts prohibitifs du rail classique.
| Critère | Ferromobile | TER Classique |
|---|---|---|
| Coût d’exploitation | 3 fois moins cher | Élevé (subventionné) |
| Coût de remise en état des infrastructures | Estimé 10 fois moins cher (environ 200k€/km) | Très élevé (environ 2M€/km) |
Les bénéfices attendus pour les communes
L’impact dépasse la simple économie : l’enjeu devient écologique et social. Cette solution offre enfin une réponse tangible au désenclavement rural :
- Une réduction de l’empreinte carbone grâce à la motorisation électrique.
- La réutilisation des infrastructures ferroviaires existantes, notamment une partie des 9 000 km de lignes menacées.
- Un gain d’attractivité territoriale pour les zones rurales en leur offrant une nouvelle option de mobilité.
Du concept à la réalité : l’expérimentation dans le Puy-de-Dôme
Le livradois-forez comme laboratoire
Le projet prend vie au cœur du Puy-de-Dôme. La ligne délaissée entre Courpière et Ambert sert désormais de terrain pour un test grandeur nature. Cette zone rurale accueille la première véritable mise à l’épreuve.
Cette étape valide concrètement l’adhérence du véhicule sur le métal. Elle vérifie aussi la supervision technique du système autonome.
Un héritier moderne de la Micheline
La ferromobile s’impose comme la descendante directe de la Micheline. Ce véhicule sur pneus reprend le flambeau technologique historique.
Plusieurs acteurs industriels portent ce dossier complexe. Le brevet fut d’abord sauvé par le groupe AKKA Technologies. Aujourd’hui, la SICEF exploite cette innovation. Cette structure appartient à ADECCO et aux Équipes du Made in France.
Alors que le démantèlement du service public ferroviaire isole de nombreuses communes, la Ferromobile surgit comme une solution pragmatique face à ce gâchis. Si l’expérimentation auvergnate confirme ses promesses, ce véhicule hybride pourrait bien redonner un pouls aux artères oubliées du pays, prouvant que l’innovation frugale reste la meilleure réponse au désengagement de l’État.
FAQ
Qu’est-ce que la Ferromobile et comment fonctionne-t-elle ?
La Ferromobile se définit comme un engin hybride singulier, conçu sur la base d’un Peugeot e-Traveller, capable de s’affranchir des frontières entre le bitume et le ballast. Ce véhicule 100 % électrique, conduit manuellement sur la route, bascule en mode autonome dès qu’il rejoint les rails, permettant de transporter jusqu’à huit passagers avec la souplesse d’une voiture et la régularité d’un métro.
À quel problème de mobilité ce projet tente-t-il de répondre ?
Cette initiative vise à panser les plaies de la fracture territoriale en proposant une solution concrète pour le désenclavement des territoires ruraux. Là où le modèle ferroviaire lourd a souvent abandonné la partie, jugeant les lignes non rentables, la Ferromobile entend réactiver ces petites lignes ferroviaires oubliées pour redonner une dynamique de transport aux communes isolées.
En quoi ce modèle est-il économiquement plus viable que le TER ?
L’argumentaire repose sur une rupture économique nette, le système affichant un coût d’exploitation 3 fois moins cher que celui d’un TER classique. De plus, la légèreté du véhicule permet de limiter drastiquement les investissements nécessaires à la remise en état des infrastructures, avec un coût estimé 10 fois moins élevé que pour la circulation de trains traditionnels.
Quel est le lien historique entre la Ferromobile et la Micheline ?
On peut considérer la Ferromobile comme la descendante technologique de la célèbre Micheline, qui avait déjà tenté l’aventure du pneu sur le rail dans les années 1930. Le projet actuel, porté notamment par la SICEF et ADECCO, reprend cette philosophie d’adaptation légère en y injectant les technologies modernes de l’autonomie et de l’électromobilité.
Où l’expérimentation de ce véhicule va-t-elle se dérouler ?
C’est au cœur de la France que le concept se confronte à la réalité, plus précisément dans le Puy-de-Dôme. La ligne reliant Courpière et Ambert sert de laboratoire à ciel ouvert pour tester, dès 2026, les capacités de ce véhicule à redonner vie à un tronçon délaissé, avant d’envisager une exploitation commerciale à l’horizon 2028.