
En France, un maire perçoit une indemnité de fonction mensuelle brute qui varie de 1 155,06 € à 7 912,76 € selon la taille de sa commune, soit environ 959 € à 6 568 € nets. Ce n’est pas un salaire, mais une compensation pour la réduction de ses activités personnelles. La grande majorité des 34 875 maires français touchent moins de 2 000 € brut par mois, car la plupart des communes comptent moins de 1 000 habitants.
- Indemnité moyenne : moins de 2 000 € brut/mois pour la majorité des maires
- Montant minimal : 1 155,06 € brut/mois (communes < 500 habitants)
- Montant maximal : 7 912,76 € brut/mois (maire de Paris)
- Plafond de cumul : 8 897,93 € brut/mois en cas de cumul de mandats
- Revalorisation 2025 : hausse pour les communes de moins de 20 000 habitants
- Majorations possibles : jusqu’à +40 % pour les communes de 100 000+ habitants ; +25 % pour les chefs-lieux de département et les stations de tourisme
- Prélèvements sociaux estimés : environ 17 % (CSG, CRDS, Ircantec, maladie)

Quelle est l’indemnité de fonction d’un maire selon la taille de sa commune ?
La rémunération des maires français est strictement encadrée par l’article L. 2123-20 du Code général des collectivités territoriales (CGCT). Contrairement aux idées reçues, un maire ne touche pas un salaire mais une indemnité de fonction destinée à compenser la réduction de ses activités professionnelles et à couvrir les frais inhérents à son mandat.
Cette indemnité est calculée en pourcentage de l’indice brut terminal de l’échelle de rémunération de la fonction publique. Son montant varie considérablement selon la strate démographique de la commune. Une loi du 23 décembre 2025 a d’ailleurs revalorisé les indemnités pour les communes de moins de 20 000 habitants, créant un « statut d’élu local » plus protecteur.
| Strate de population | Indemnité brute mensuelle maximale | Estimation nette (~83%) |
|---|---|---|
| Moins de 500 habitants | 1 155,06 € | ~959 € |
| De 500 à 999 habitants | 1 820,96 € | ~1 511 € |
| De 1 000 à 3 499 habitants | 2 289,56 € | ~1 901 € |
| De 3 500 à 9 999 habitants | 2 396,44 € | ~1 989 € |
| De 10 000 à 19 999 habitants | 2 778,71 € | ~2 307 € |
| De 20 000 à 49 999 habitants | 3 699,47 € | ~3 070 € |
| De 50 000 à 99 999 habitants | 4 521,58 € | ~3 753 € |
| 100 000 habitants et plus | 5 960,26 € | ~4 947 € |
| Maires d’arrondissement (Marseille et Lyon) | 2 980,13 € | ~2 474 € |
| Maire de Paris | 7 912,76 € | ~6 568 € |
À noter que depuis 2016, les maires des communes de moins de 1 000 habitants sont légalement tenus de percevoir l’intégralité de leurs indemnités. Dans la pratique, de nombreux petits budgets communaux ne permettent pas toujours cette obligation.
Quelle rémunération pour les adjoints au maire ?
Les adjoints au maire bénéficient également d’une indemnité de fonction, dont le montant est proportionnel à celui du maire. Cette grille suit la même logique de strates démographiques.
| Strate de population | Indemnité brute mensuelle maximale |
|---|---|
| Moins de 500 habitants | 447,64 € |
| De 500 à 999 habitants | 483,81 € |
| De 1 000 à 3 499 habitants | 878,83 € |
| De 3 500 à 9 999 habitants | 958,57 € |
| De 10 000 à 19 999 habitants | 1 754,61 € |
| De 20 000 à 49 999 habitants | 1 356,47 € |
| De 50 000 à 99 999 habitants | 1 808,63 € |
| De 100 000 à 200 000 habitants | 2 712,95 € |
| Plus de 200 000 habitants | 2 980,13 € |
| Adjoints au maire d’arrondissement (Marseille et Lyon) | 1 418,13 € |
| Adjoints au maire de Paris | 5 282,02 € |
Majorations possibles et plafond de cumul des mandats
Les majorations d’indemnités
Dans les communes de 100 000 habitants et plus, le conseil municipal peut voter une majoration de l’indemnité du maire jusqu’à 40 %. Cette décision locale permet de porter le plafond théorique à environ 8 344 € pour Lyon et 8 817 € pour Marseille.
D’autres majorations existent également pour les communes ayant un statut particulier. Les chefs-lieux de département bénéficient d’une majoration de 25 %, de même que les communes classées stations de tourisme. Ces dispositions visent à prendre en compte la charge de travail supplémentaire liée à ces fonctions spécifiques.
Une condition s’applique toutefois : le montant total des indemnités allouées à l’ensemble du conseil municipal ne doit pas dépasser une enveloppe globale maximale fixée par le gouvernement (hors majoration).
Le plafond de cumul
En cas de cumul de mandats indemnisés (conseiller départemental, régional, président d’intercommunalité, syndicats mixtes…), les indemnités s’additionnent mais sont plafonnées à 8 897,93 € brut mensuels. Au-delà de ce seuil, le surplus est reversé au budget de la collectivité où l’élu exerce le plus récemment un mandat.
Par exemple, un président d’une intercommunalité de plus de 100 000 habitants peut percevoir jusqu’à 5 960,26 € brut maximum pour cette fonction. S’il cumule avec une autre fonction élective indemnisée, le plafond global de 8 897,93 € s’appliquera.
Du brut au net : comment calculer l’indemnité réelle ?
Les indemnités des élus locaux sont soumises à des cotisations sociales spécifiques, distinctes du régime salarial classique. Ces prélèvements comprennent notamment la cotisation Ircantec (retraite complémentaire des agents non titulaires), la CSG, la CRDS et la cotisation maladie.
Le taux global de prélèvements est estimé entre 15 % et 20 % selon les cas. En appliquant un taux moyen de 17 %, on obtient un montant net représentant environ 83 % du brut. Il s’agit d’une estimation indicative, les montants exacts variant selon la situation individuelle de chaque élu.
Indemnité brute maximale : 2 778,71 €
Prélèvements sociaux estimés (17 %) : ~472 €
Indemnité nette estimée : ~2 307 €
Ces montants sont des estimations. Les cotisations exactes peuvent varier selon la situation de l’élu.
Frais de représentation et remboursements : que couvre la commune ?
Indemnités pour frais de représentation
Au-delà de l’indemnité de fonction, le conseil municipal peut voter des indemnités pour frais de représentation. Ces sommes couvrent les dépenses engagées dans l’intérêt de la commune : réceptions officielles, cérémonies, restauration lors de réunions de travail, déplacements, ou encore tenue vestimentaire adaptée aux fonctions.
Deux modalités existent : le remboursement sur justificatifs ou le versement d’un forfait annuel fixé par le conseil municipal. Contrairement aux idées reçues, ces frais ne constituent pas des compléments de revenu personnel mais bien la couverture de dépenses professionnelles.
Cette question a suscité des polémiques récentes, notamment autour des dépenses d’Anne Hidalgo (19 000 € en 2024 pour vêtements de luxe notamment). Des associations militent pour davantage de transparence sur ces frais.
Frais de transport et de séjour
Les frais de transport et de séjour ne sont remboursés que dans le cadre d’un mandat spécial : participation à une manifestation de grande ampleur, suivi d’un chantier important, gestion d’une catastrophe naturelle, etc. Ils couvrent également les réunions des conseils départemental ou régional, ainsi que les instances se tenant en dehors du territoire communal.
Les élus en situation de handicap bénéficient d’un remboursement spécifique pour leurs frais de déplacement, d’accompagnement et d’aide technique.
Frais de garde et d’assistance
La loi impose aux collectivités de prendre obligatoirement en charge les frais de garde d’enfants ou d’assistance aux personnes âgées ou handicapées lors des réunions liées au mandat. Pour les communes de moins de 3 500 habitants, cette dépense est compensée par l’État.
Logement et voiture de fonction
Contrairement aux idées reçues, un maire ne bénéficie pas automatiquement d’un logement ni d’une voiture de fonction. Ces avantages, lorsqu’ils existent, doivent être délibérés par le conseil municipal et répondent à des besoins fonctionnels précis (permanence, astreintes, représentation…).
Comparaison avec d’autres élus et fonctions publiques
Pour mettre en perspective l’indemnité des maires, voici une comparaison avec d’autres fonctions électives et des métiers de la fonction publique. Un policier en début de carrière touche par exemple environ 2 300 € nets mensuels, tandis qu’un architecte de la fonction publique perçoit entre 2 100 € et 4 700 € selon son grade et son ancienneté.
| Fonction | Indemnité/rémunération brute mensuelle |
|---|---|
| Maire d’une commune de 100 000+ hab. | 5 960,26 € |
| Député / Sénateur | 7 637,39 € |
| Maire de Paris | 7 912,76 € |
| Ministre | 10 692 € |
| Premier ministre / Président de la République | 16 039 € |
Cette comparaison montre que le maire de Paris perçoit une indemnité comparable à celle d’un parlementaire, tandis qu’un maire de grande ville reste en deçà. La majorité des maires, ceux des petites et moyennes communes, touchent des indemnités bien inférieures aux élus nationaux.
Revalorisation 2025 et contexte de crise des vocations
La loi du 23 décembre 2025 créant un « statut d’élu local » a introduit une revalorisation des indemnités pour les communes de moins de 20 000 habitants. Cette mesure intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les élus locaux.
Malgré un mandat éprouvant marqué par un enchaînement de crises depuis 2020 (Covid-19, tensions budgétaires, montée des incivilités, complexification des normes), les données sur les intentions de reconduction varient selon les études. Une enquête AMF/Cevipof de novembre 2025 indiquait que six maires sur dix se disaient prêts à se représenter. Une étude plus ancienne d’avril 2025 donnait toutefois un chiffre plus préoccupant de quatre maires sur dix seulement.
La France connaît depuis 2020 une hausse sans précédent des démissions de maires en cours de mandat. Cette crise des vocations explique en partie la volonté du législateur de revaloriser les indemnités, particulièrement pour les petites communes où le mandat est souvent exercé bénévolement ou quasi-bénévolement.
L’indemnité d’un maire en France varie de 1 155,06 € à 7 912,76 € brut mensuel selon la taille de sa commune. Il s’agit d’une compensation pour la charge de travail et la réduction d’activité professionnelle, non d’un salaire. La majorité des maires perçoivent moins de 2 000 € brut par mois. Des majorations sont possibles dans les grandes villes (jusqu’à +40 %), pour les chefs-lieux de département et les stations de tourisme (+25 %), et un plafond de cumul de 8 897,93 € brut s’applique en cas de mandats multiples. La revalorisation de décembre 2025 pour les communes de moins de 20 000 habitants vise à répondre à une crise des vocations sans précédent.
Pour aller plus loin
Si vous vous intéressez aux rémunérations des autres élus et agents publics, découvrez également les salaires d’un infirmier dans la fonction publique hospitalière, ou encore la rémunération d’un pharmacien exerçant en officine.
Un maire perçoit-il un salaire ?
Non, un maire ne perçoit pas un salaire mais une indemnité de fonction. Cette nuance juridique est importante : l’indemnité vise à compenser la réduction de son activité professionnelle et à couvrir les frais liés à l’exercice du mandat. Elle est calculée en pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique et varie selon la taille de la commune.
Quelle est l’indemnité maximale d’un maire en France ?
L’indemnité brute mensuelle maximale d’un maire en France est de 7 912,76 € pour le maire de Paris. Pour les autres communes de 100 000 habitants et plus, elle s’élève à 5 960,26 € brut. Ces montants peuvent être majorés jusqu’à 40 % dans les communes de plus de 100 000 habitants si le conseil municipal le vote, portant le plafond théorique à environ 8 344 € pour Lyon et 8 817 € pour Marseille. Des majorations de 25 % s’appliquent également pour les chefs-lieux de département et les stations de tourisme.
Combien touche un maire d’une petite commune ?
Un maire d’une commune de moins de 500 habitants perçoit une indemnité brute maximale de 1 155,06 € par mois, soit environ 959 € net. Pour une commune de 500 à 999 habitants, l’indemnité maximale passe à 1 820,96 € brut (environ 1 511 € net). La majorité des 34 875 maires français touchent moins de 2 000 € brut par mois, car la plupart des communes comptent moins de 1 000 habitants.
Un maire peut-il cumuler plusieurs indemnités ?
Oui, un maire peut cumuler plusieurs indemnités s’il exerce d’autres mandats (conseiller départemental, régional, président d’intercommunalité…). Toutefois, le total des indemnités perçues est plafonné à 8 897,93 € brut par mois. Au-delà de ce montant, le surplus doit être reversé au budget de la collectivité où l’élu exerce le plus récemment un mandat.
Les maires ont-ils droit à une voiture de fonction ?
Non, contrairement aux idées reçues, un maire ne bénéficie pas automatiquement d’une voiture de fonction ni d’un logement. Ces avantages, lorsqu’ils existent, doivent être votés par le conseil municipal et répondre à des besoins fonctionnels précis (permanence, astreintes, représentation). Ils ne constituent pas un droit automatique attaché à la fonction.
Qu’est-ce qui a changé avec la revalorisation de décembre 2025 ?
La loi du 23 décembre 2025 a créé un « statut d’élu local » et revalorisé les indemnités pour les communes de moins de 20 000 habitants. Cette mesure vise à répondre à une crise des vocations sans précédent, marquée par une hausse importante des démissions de maires en cours de mandat depuis 2020. Les montants des communes de 20 000 habitants et plus n’ont pas été modifiés.
Cet article a été rédigé à partir des données officielles les plus récentes disponibles. Dernière mise à jour : mars 2026.
- Code général des collectivités territoriales (CGCT), article L. 2123-20 — Cadre juridique des indemnités de fonction des élus locaux
- Loi du 23 décembre 2025 créant un statut d’élu local (Journal officiel, référence JORFTEXT000053142169) — Revalorisation pour les communes de moins de 20 000 habitants
- France Bleu — Analyse détaillée des barèmes 2026 et évolutions récentes
- La Finance pour Tous (IEFP) — Synthèse pédagogique sur la rémunération des élus locaux
- Ministère de la Cohésion des territoires — Annexe 1 : montants plafonds indemnités élus locaux 2026