Dans un entrepôt, le stock affiché ne correspond pas toujours aux palettes présentes. Pour le corriger, la RFID et la blockchain sont deux pistes, proposées notamment par des entreprises parisiennes, franciliennes ou implantées ailleurs en France. Reste à savoir laquelle retenir.
Cet article compare ces deux solutions, ce qu’elles apportent concrètement, et présente les entreprises qui les proposent.
Entreprise de traçabilité logistique par blockchain ou RFID à Paris
Deux familles d’acteurs se partagent ce marché. Les intégrateurs RFID installent des étiquettes radio et des lecteurs dans l’entrepôt pour compter les stocks vite.
Les plateformes blockchain tiennent un registre partagé entre entreprises. Elles prouvent qui a eu le bien en main à chaque étape, mais elles dépendent de données saisies sans erreur.
Plusieurs plateformes blockchain ont leur siège à Paris : Crystalchain, fondée en 2016, est la plus ancienne ; Tilkal et Ownest, toutes deux fondées en 2017, suivent de peu.
Pour le lien avec la démarche RSE des PME, voyez la stratégie RSE pour une performance durable des PME.
La RFID raccourcit l’inventaire et rend les stocks visibles plus souvent
Sur deux sites de recherche d’un grand groupe pharmaceutique, un inventaire de 2 heures tient en 5 minutes avec la RFID, la lecture par ondes radio.
Sur ces mêmes sites, la précision des stocks est passée de 75 % à 95 %. Ce sont deux cas seulement, donc le résultat d’un autre entrepôt reste à mesurer.
Chaque étiquette porte un EPC, un code électronique unique pour chaque objet. Le standard GS1 fixe son format, donc fournisseur et client lisent le même numéro.
Un lecteur d’inventaire lit plusieurs étiquettes en simultané, donc un passage de palette suffit à la compter.
Trois intégrateurs RFID sont installés à Paris ou en Île-de-France
TAGPRODUCT, intégrateur parisien depuis 1999
TAGPRODUCT est un intégrateur parisien depuis 1999, au 21 boulevard Haussmann. Il accompagne les projets RFID et NFC, fournit les équipements et développe des modules qui relient les données aux ERP et WMS.
Il figure aussi dans l’annuaire des partenaires de GS1 France, comme intégrateur RFID. Pour un acheteur, c’est un repère à vérifier avant de demander un devis.
CIPAM, une agence parisienne rattachée à un siège auvergnat
CIPAM a son siège à Cournon-d’Auvergne (63800). À Paris, elle n’a qu’un contact, le siège restant en Auvergne.
Son tunnel RFID peut recevoir de quatre à huit antennes. Elles lisent les étiquettes selon leur orientation, même sur des colis empilés. Le système compare les lectures à la liste attendue pour repérer les erreurs d’expédition.
Le portique de quai repère chaque palette qui entre ou sort, puis envoie au WMS un événement lié à son code SSCC, numéro qui identifie l’unité logistique.
TrackID transmet ces événements à l’ERP par CSV, XML ou API REST, avec SAP ou Sage X3. Chez Limagrain, 500 étiquettes ont été lues en moins de 14 secondes.
Panoptès, une agence à Villepinte pour l’Île-de-France
L’agence Paris–Île-de-France de Panoptès est au 20 allée des Érables, à Villepinte (93420). Son offre couvre la réception, le transit et l’expédition.
| Critère | Portique industriel | Autres offres de Panoptès |
|---|---|---|
| Étape couverte | Réception, transit et expédition | Quai de chargement, expéditions, localisation |
| Ce qui est suivi | Flux entrants, sortants et en transit | Palettes au quai, colis expédiés, position des biens |
| Technologie | Étiquettes UHF passives sur réseau Ethernet local | Portiques de quai, tunnels RFID, localisation intérieure et extérieure |
La blockchain ajoute un historique horodaté partagé entre organisations
Tilkal, des données amont et aval réunies sur une même plateforme
Tilkal réunit sur une seule plateforme les données opérationnelles, environnementales et sociales, depuis les matières premières jusqu’au produit fini.
Ces données circulent dans un réseau blockchain entre entreprises seulement. Seuls les acteurs autorisés y ont accès, ce qui permet de partager et d’auditer la chaîne d’approvisionnement.
Sur sa plateforme, Tilkal suit :
- les lots et les produits, du stade de la matière première jusqu’au produit fini ;
- les flux, les fournisseurs, les certifications et les transactions, avec la capacité de repérer les écarts et d’évaluer les risques ;
- les échanges avec les systèmes de l’entreprise, reliés par des API (interfaces qui permettent à deux logiciels de se transmettre des données).
Pour vérifier la compatibilité avec son WMS ou son ERP, il faut demander à Tilkal la liste des logiciels reliables.
Crystalchain, une traçabilité de la matière première au produit fini
Crystalchain suit les produits de la matière première jusqu’au produit fini. Les données s’affichent dans des tableaux de bord ou se partagent par QR code, ce petit carré qu’un téléphone lit d’une photo.
C’est un SaaS, un logiciel loué en ligne par abonnement. Ses tarifs ne sont pas publiés : il faut demander un devis avant de comparer.
Ownest, la responsabilité attribuée à chaque transfert
Ownest utilise des NFT (jetons numériques uniques enregistrés sur une blockchain) pour suivre le transfert de responsabilité d’un bien entre les acteurs logistiques. Concrètement, on sait qui détient l’actif à chaque étape, pas seulement où il se trouve.
Carrefour a été son premier client. Cdiscount a testé la solution 18 mois avant un contrat de trois ans.
Ce que la blockchain ne garantit pas : la véracité de la saisie initiale
Une blockchain prouve qu’une donnée a été enregistrée à une date et une heure précises, et qu’elle n’a pas été modifiée depuis.
En revanche, elle ne dit pas si cette donnée était vraie au moment de la saisie. Une quantité fausse, saisie puis verrouillée, reste fausse. Il faut des contrôles de cohérence pour repérer les écarts entre données.
Pour repérer une saisie fausse, il faut contrôler les données avant qu’elles partent. Tilkal produit des scores de cohérence et des alertes sur les anomalies.
CIPAM écarte les lectures parasites, c’est-à-dire les étiquettes captées par erreur, avant l’envoi au WMS. Et chaque événement doit rester lié à son justificatif, comme le bon de livraison signé.
Choisir selon le besoin : inventaire, actifs ou conformité multi-acteurs
Le choix part du problème : compter les stocks, suivre des actifs ou prouver la conformité entre acteurs n’appellent pas les mêmes outils.
Il faut vérifier que la plateforme se relie au WMS, le logiciel de l’entrepôt, et à l’ERP, le logiciel de gestion, par API ou connecteurs. Le format et le coût de ce lien dépendent de ces systèmes.
Chaque besoin appelle un outil différent :
- Compter vite les stocks : une RFID qui lit plusieurs étiquettes à la fois.
- Suivre les actifs : un portique ou un tunnel RFID, relié au WMS.
- Contrôler les données entre partenaires : Tilkal, avec alertes et contrôles de cohérence.
- Savoir qui répond de chaque transfert : Ownest, qui les suit en NFT (jeton numérique unique).
Avant tout achat, il faut décrire son problème, vérifier que la solution se relie au WMS et à l’ERP, puis demander un devis à chaque entreprise retenue. Comme le lien avec ces logiciels pèse sur le prix, c’est la comparaison la plus utile à faire d’abord.
Foire aux questions
Quelles sont les entreprises blockchain basées en France ?
Trois entreprises blockchain sont basées à Paris : Tilkal, Crystalchain et Ownest. Toutes les trois proposent des solutions de traçabilité liées à la blockchain, mais elles ne suivent pas les mêmes choses.
Quels sont les nouveaux métiers de la supply chain qui recrutent ?
Les projets de traçabilité recrutent surtout des spécialistes RFID, des intégrateurs de systèmes, des développeurs d’API et des analystes de données.
Les développeurs d’API servent à relier les données aux logiciels de l’entrepôt et de la gestion, tandis que les analystes repèrent les écarts entre les données.
Quel est le coût d’un portique RFID pour un entrepôt ?
Il n’existe pas de prix unique : le coût d’un portique RFID pour un entrepôt dépend du portique, des lecteurs, des antennes, du logiciel et de son intégration.
Pour obtenir un chiffre utile, il faut demander un devis lié à son propre entrepôt.
Une solution RFID peut-elle s’interfacer avec un WMS déjà en place ?
Oui, une solution RFID peut se relier à un WMS déjà en place. CIPAM le fait par API, connecteurs ou webservices, et son logiciel TrackID accepte aussi les échanges CSV et XML.