Depuis le 1er janvier 2026, les seuils de chiffre d’affaires de la micro-entreprise ont été relevés : 203 100 € pour la vente de marchandises, 83 600 € pour les prestations de services. Ils étaient de 188 700 € et 77 700 € sur la période précédente. Cette revalorisation, qui concerne les trois années 2026 à 2028, change la marge de manœuvre des indépendants. Elle ne supprime pas pour autant les règles de dépassement, qu’il vaut mieux connaître avant de s’approcher de la limite.
Plafond auto-entrepreneur : les montants à retenir pour 2026-2028
Le plafond auto-entrepreneur dépend de la nature de l’activité. Il se calcule sur le chiffre d’affaires hors taxes de l’année civile, et non sur le bénéfice. Un indépendant qui encaisse 60 000 € de prestations de conseil avec peu de charges reste donc loin de la limite, même si son revenu net paraît confortable.
Pour une analyse plus large du choix entre micro-entreprise, société et autres formes d’exercice, on peut s’appuyer sur notre arbre de décision pour choisir son statut juridique.

| Type d’activité | Plafond annuel (2026-2028) | Ancien plafond (2023-2025) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement | 203 100 € | 188 700 € |
| Prestations de services (BIC ou BNC) | 83 600 € | 77 700 € |
Ces montants sont révisés tous les trois ans. Le prochain réexamen est donc attendu pour la période suivante, sans que l’on sache à ce stade de combien.
Activité mixte : la règle des deux plafonds
Beaucoup d’indépendants cumulent vente et services, un artisan qui facture à la fois des produits et de la pose, par exemple. Les plafonds ne s’additionnent pas. Le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, et la part issue des services reste limitée à 83 600 €.
Un exemple concret : 120 000 € de ventes et 50 000 € de services font 170 000 € au total. Le global est respecté, la part services aussi. Avec 120 000 € de ventes et 90 000 € de services, le total atteint 210 000 € et la part services dépasse 83 600 € : les deux limites sont franchies.
Que se passe-t-il en cas de dépassement ?
En règle générale, la sortie du régime intervient lorsque le chiffre d’affaires dépasse le seuil deux années de suite, et non dès le premier dépassement. L’entrepreneur bascule alors vers le régime du réel, avec une comptabilité plus complète et, en général, le recours à un expert-comptable.
Quelques points de vigilance reviennent régulièrement :
- la première année d’activité, le plafond est calculé au prorata du nombre de jours réellement exercés ;
- le seuil s’apprécie par catégorie d’activité, pas seulement sur le total ;
- un suivi mensuel du chiffre d’affaires évite les mauvaises surprises en fin d’année ;
- les seuils de la micro-entreprise ne se confondent pas avec ceux de la franchise de TVA, qui obéissent à leurs propres règles.
Anticiper l’approche de la limite
La revalorisation donne un peu d’air, surtout aux prestataires de services dont la limite a progressé de 5 900 €. Mais elle n’a de sens que si le suivi suit. Une trajectoire de chiffre d’affaires qui se rapproche du plafond doit déclencher une réflexion en amont : rester en micro-entreprise en maîtrisant la facturation, passer en société, ou simuler le coût réel d’un basculement vers le régime du réel.
Dans cette réflexion, l’avis d’un comptable pèse davantage que les moyennes. Deux entrepreneurs au même chiffre d’affaires peuvent avoir des intérêts opposés selon leurs charges, leurs investissements et leurs projets d’embauche.
La hausse des seuils élargit donc le champ de la micro-entreprise sans modifier ses règles de fond. Reste à voir si les indépendants dont l’activité progresse la considéreront comme un répit ou comme l’occasion de planifier plus tôt leur passage à une autre structure.
Sources : Urssaf (autoentrepreneur.urssaf.fr), direction générale des Finances publiques (impots.gouv.fr), Légifrance (article 50-0 du Code général des impôts), Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP).