Combien gagne un interne en médecine en 2026 ?

Salaire interne en médecine en France en 2026

Un interne en médecine perçoit entre 1 278 € et 1 873 € nets par mois au titre de ses émoluments de base (soit 1 617 € à 2 371 € bruts), selon son année d’internat. Avec les gardes (3 à 4 par mois) et les primes, le revenu total mensuel s’établit entre 1 900 € et 2 900 € nets, pour un volume horaire hebdomadaire moyen de 59 heures, bien au-delà des 48 heures légales.

Les chiffres clés en 2026

  • Émoluments de base : de 1 617 € à 2 371 € bruts par mois selon l’année d’internat
  • Progression salariale : bond de +26,5 % entre la 2e et la 3e année, puis quasi-stagnation
  • Gardes de nuit : 235 € bruts en semaine, 257 € le week-end (après majoration de 50 % en 2024)
  • Indemnité de sujétion : 435 € bruts par mois les deux premières années
  • Revenu total estimé : 1 900 € à 2 900 € nets par mois avec gardes et primes
  • Temps de travail : 59 heures hebdomadaires en moyenne, jusqu’à 80 heures en chirurgie
  • Statut : agent public hospitalier en formation, affecté par l’ARS
Infographie combien gagne interne en médecine

Les émoluments de base de l’interne en médecine

La rémunération d’un interne en médecine repose sur une grille d’émoluments forfaitaires fixée par l’arrêté du 8 juillet 2022. Contrairement aux fonctionnaires titulaires, les internes ne perçoivent pas un traitement indiciaire classique mais des émoluments mensuels qui varient selon l’année d’internat.

Le statut d’interne correspond au troisième cycle des études médicales, accessible après réussite des Épreuves Classantes Nationales (ECN). L’interne est un agent public hospitalier en formation, affecté par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et rattaché à un Centre Hospitalier Universitaire (CHU). Son cadre juridique est défini par le Code de la Santé Publique.

Année d’internat Brut annuel Brut mensuel Net mensuel estimé
1re année 19 406 € 1 617 € 1 278 €
2e année 21 165,75 € 1 764 € 1 394 €
3e année 27 988,47 € 2 332 € 1 842 €
4e année 28 001,69 € 2 333 € 1 843 €
5e année 28 448 € 2 371 € 1 873 €

La progression salariale connaît un bond significatif entre la 2e et la 3e année, avec une hausse de 32 % qui correspond à une prise de responsabilités accrue. En revanche, la rémunération stagne quasi totalement de la 3e à la 5e année, avec seulement 460 € d’écart annuel entre ces trois dernières années d’internat.

Pourquoi trouve-t-on encore des montants différents sur certains sites ?

Plusieurs facteurs expliquent les écarts de chiffres entre les sources : certaines données datent d’avant la majoration de 50 % des gardes appliquée en 2024, d’autres ne distinguent pas les émoluments de base des primes ou intègrent différemment les revalorisations du Ségur de la santé. Les montants présentés ici correspondent à la grille en vigueur après ces ajustements.

Comment se calcule le passage du brut au net ?

Les émoluments d’un interne sont soumis à un taux de prélèvement d’environ 20 à 22 %. Ce taux global couvre plusieurs contributions obligatoires : la CSG imposable (2,4 %), la CSG non imposable (6,8 %), la CRDS (0,5 %), ainsi que les cotisations retraite IRCANTEC calculées sur les deux tiers des émoluments. À ces prélèvements s’ajoute le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

Pour obtenir une estimation du salaire net mensuel, il convient d’appliquer un coefficient de 0,79 (qui équivaut à retirer 21 % du brut). Ce calcul ne tient compte que des émoluments de base, hors primes et indemnités.

Année d’internat Brut mensuel Net mensuel estimé (hors primes) Net annuel estimé (hors primes)
1re année 1 617 € 1 278 € 15 331 €
2e année 1 764 € 1 394 € 16 721 €
3e année 2 332 € 1 842 € 22 111 €
4e année 2 333 € 1 843 € 22 121 €
5e année 2 371 € 1 873 € 22 474 €

Ces montants nets ne représentent que la rémunération de base. Dans les faits, la quasi-totalité des internes perçoivent des compléments de revenus significatifs sous forme de gardes et de primes diverses.

Les gardes et astreintes : un complément de revenu essentiel

Les gardes constituent la principale source de revenus complémentaires pour les internes. Depuis 2024, une majoration de 50 % a été appliquée dans les hôpitaux publics, mesure étendue au secteur privé au 1er juillet de la même année. Cette revalorisation a porté la rémunération des gardes à des niveaux nettement supérieurs aux montants historiques.

Type de garde Montant brut Net estimé (×0,79)
Garde de nuit en semaine 234,80 € 185,49 €
Garde week-end ou jour férié 256,86 € 202,92 €
Demi-garde en semaine 78,26 € 61,83 €
Demi-garde week-end 85,52 € 67,56 €
Astreinte (forfait) 20,00 € 15,80 €

En pratique, un interne effectue entre 3 et 4 gardes par mois, ce qui représente un complément de revenu de 500 à 800 € nets mensuels. Ce volume de gardes s’ajoute à un temps de travail hebdomadaire déjà très élevé, avec une moyenne constatée de 59 heures par semaine, pouvant dépasser 80 heures dans certaines spécialités comme la chirurgie. Le temps de travail légal est fixé à 48 heures hebdomadaires par le droit français et européen, mais ce plafond est rarement respecté dans les faits.

Les primes et indemnités complémentaires

Au-delà des gardes, plusieurs primes viennent compléter la rémunération des internes selon leur année d’études et leur parcours de formation.

L’indemnité de sujétion

Les internes de première et deuxième année perçoivent une indemnité mensuelle de sujétion d’un montant de 435,18 € bruts, soit environ 344 € nets. Cette indemnité compense les contraintes particulières liées au début de l’internat et cesse d’être versée à partir de la troisième année.

La prime de responsabilité

La prime de responsabilité varie selon l’année d’internat et le type de formation. Les internes en médecine générale effectuant un Stage Autonome en Soins Primaires Ambulatoires Supervisés (SASPAS) perçoivent 125 € bruts par mois. En quatrième année de médecine ou de pharmacie, la prime atteint 179,50 € bruts mensuels. Les internes de cinquième année bénéficient d’une prime de 4 210,77 € bruts annuels, soit environ 351 € bruts par mois.

Cette prime n’est pas cumulable avec la prime d’autonomie supervisée attribuée aux docteurs juniors, nouveau statut créé pour la quatrième année de médecine générale.

Les indemnités de logement, transport et mobilité

Les internes effectuant des stages en ambulatoire, notamment dans des zones sous-dotées (ZIP ou ZAC), peuvent prétendre à une indemnité de logement de 300 € par mois, sous réserve de justifier d’un loyer personnel. Cette indemnité n’est pas cumulable avec la mise à disposition d’un logement gratuit par l’établissement.

Une indemnité de transport de 130 € mensuels est versée lorsque le stage se situe à plus de 15 kilomètres du CHU de rattachement ou du domicile de l’interne. Cette indemnité est incompatible avec le remboursement à 75 % du pass Navigo en Île-de-France.

Certains établissements hospitaliers proposent également une compensation pour le logement et la nourriture, variant de 28 à 84 € par mois. Dans les zones sous-dotées en médecins, le cumul des forfaits de mobilité peut atteindre jusqu’à 430 € mensuels.

Revenu total : exemples selon le profil

La rémunération globale d’un interne varie considérablement selon l’année d’études, le nombre de gardes effectuées et les indemnités perçues. Voici plusieurs cas-types représentatifs de situations courantes.

Profil Revenu net mensuel total estimé
1re année sans garde 1 900 – 2 050 €
2e année avec indemnité de sujétion 1 740 – 1 900 €
3e année avec 3-4 gardes par mois 2 500 – 2 800 €
5e année avec primes et gardes 2 400 – 2 900 €
4e année médecine générale (Docteur Junior) 2 680 € (base, hors primes variables)

Ces montants incluent les émoluments de base, les primes forfaitaires et l’estimation des revenus de gardes. Ils ne tiennent pas compte des indemnités de logement ou de transport qui varient selon les situations individuelles.

Le statut particulier du Docteur Junior Ambulatoire

Depuis la réforme de 2020, mise en place effectivement ces dernières années, la quatrième année de médecine générale a vu l’apparition d’un nouveau statut : le Docteur Junior Ambulatoire (DJA). Ce dispositif modifie substantiellement la structure de rémunération pour cette année spécifique.

La rémunération socle d’un Docteur Junior s’établit à 2 375 € bruts par mois. À ce montant de base s’ajoute une prime d’autonomie supervisée de 417 € bruts mensuels. Le statut ouvre également droit à une prime d’activité pouvant atteindre 500 € selon le volume d’actes réalisés, ainsi qu’à une prime de zone prioritaire plafonnée à 1 000 € pour les installations dans les territoires sous-dotés.

Au total, la rémunération brute potentielle d’un Docteur Junior peut atteindre 3 392 € par mois, soit environ 2 680 € nets hors primes variables. Les gardes effectuées dans ce cadre sont indemnisées à hauteur de 422 € bruts par nuit ou jour férié, un montant supérieur aux gardes des internes classiques.

Ce statut fait toutefois l’objet de critiques de la part de certains internes qui y voient une forme de contrainte ou de substitution à des médecins installés, avec un sentiment de supervision parfois insuffisante malgré la qualification d’« autonomie supervisée ».

Comparaison avec d’autres professions de santé

Pour contextualiser le niveau de rémunération des internes, il est utile de le comparer à d’autres métiers du secteur de la santé. Un infirmier hospitalier en début de carrière perçoit environ 1 800 € nets par mois, un montant comparable aux émoluments nets d’un interne de troisième année hors gardes. Un aide-soignant débute autour de 1 600 € nets mensuels.

À l’autre extrémité du spectre, un chirurgien hospitalier confirmé peut percevoir entre 5 000 € et 10 000 € nets par mois selon son ancienneté et son activité libérale éventuelle. Un médecin généraliste installé en libéral dégage en moyenne un revenu annuel net de 80 000 à 100 000 €, soit environ 6 500 à 8 300 € mensuels avant impôt sur le revenu.

La profession d’infirmier libéral offre également des perspectives de revenus variables selon le volume d’activité, avec un revenu moyen mensuel de 2 500 à 3 500 € nets. Un pharmacien titulaire d’officine perçoit en moyenne entre 4 000 € et 7 000 € nets par mois.

Taux horaire et comparaison avec le SMIC

Le calcul du taux horaire effectif des internes révèle une situation préoccupante. En prenant l’exemple d’un interne de cinquième année percevant environ 2 371 € bruts mensuels (soit 1 873 € nets hors primes) et effectuant en moyenne 59 heures de travail hebdomadaire, le taux horaire brut s’établit autour de 9,27 € (calcul : 2 371 € × 12 ÷ 59 heures × 52 semaines).

Ce montant se situe en dessous du SMIC horaire brut de 11,88 € en vigueur en 2025. Même en comptabilisant les gardes, le taux horaire reste modeste au regard du volume horaire effectivement réalisé et du niveau de qualification requis, particulièrement en début d’internat.

Cette situation s’explique par le statut hybride de l’interne, à la fois agent public en formation et praticien participant activement à l’offre de soins. Les gardes, bien que revalorisées, ne compensent que partiellement l’écart entre le volume horaire réellement effectué et la rémunération perçue.

Contexte européen : la France en retrait

La comparaison avec les pays européens voisins souligne le positionnement défavorable des internes français. Un interne en France gagne environ 67 % du salaire moyen national, tandis qu’en Allemagne ce ratio dépasse 135 % du salaire moyen.

En termes absolus, les rémunérations brutes en Allemagne peuvent atteindre 3 à 4 fois celles pratiquées en France à l’entrée en internat. Cette différence s’explique à la fois par des grilles salariales plus élevées et par une meilleure reconnaissance du niveau de qualification et des responsabilités exercées.

Cette disparité contribue à l’attractivité croissante des pays voisins pour les jeunes médecins français, accentuant les difficultés de recrutement dans certaines spécialités et certains territoires.

Les évolutions récentes : Ségur de la santé et réformes

Le Ségur de la santé, engagé entre 2020 et 2022, a apporté plusieurs améliorations à la rémunération des internes. Les gardes ont été revalorisées de 25 % dans un premier temps, puis une majoration supplémentaire de 50 % a été appliquée en 2024 dans le secteur public, étendue au privé au 1er juillet de la même année.

Les salaires de base ont également connu des hausses allant jusqu’à 150 € nets mensuels selon les années d’internat. De nouveaux compléments ont été créés, notamment les primes d’hébergement et les indemnités de mobilité renforcées pour les stages en zones sous-dotées.

La réforme de la quatrième année de médecine générale et la création du statut de Docteur Junior Ambulatoire s’inscrivent dans cette dynamique de transformation, avec l’introduction de nouvelles primes (autonomie, activité, zone prioritaire).

Malgré ces avancées, les mouvements sociaux se sont poursuivis, notamment au printemps 2025, avec des revendications portant sur le respect effectif du temps de travail légal, une revalorisation salariale plus substantielle et l’amélioration des conditions d’exercice dans les services hospitaliers.

Les perspectives de fin de carrière

À l’issue de l’internat, les médecins peuvent s’orienter vers différentes voies professionnelles qui détermineront leur niveau de rémunération future. L’installation en libéral offre généralement les revenus les plus élevés, avec une grande variabilité selon la spécialité, la zone géographique et le mode d’exercice (secteur 1 ou secteur 2).

Le statut de praticien hospitalier dans le secteur public garantit une progression salariale encadrée par une grille indiciaire, avec des rémunérations comprises entre 4 000 € et 9 000 € nets mensuels selon l’ancienneté et les responsabilités. Les praticiens hospitaliers peuvent compléter leur activité publique par des vacations ou une activité libérale à l’hôpital.

Le mode d’exercice mixte, associant activité libérale et hospitalière, tend à se développer et permet de diversifier les sources de revenus tout en conservant une attache au service public.

Ce qu’il faut retenir

La rémunération d’un interne en médecine varie de 1 278 € à 1 873 € nets par mois au titre des émoluments de base, selon l’année d’internat. Avec les gardes (3 à 4 par mois) et les primes, le revenu total s’établit entre 1 900 € et 2 900 € nets mensuels. Cette rémunération doit être mise en perspective avec un temps de travail hebdomadaire moyen de 59 heures, largement supérieur aux 48 heures légales. Le statut particulier de Docteur Junior en 4e année de médecine générale offre une rémunération majorée pouvant atteindre 2 680 € nets hors primes variables. Malgré les revalorisations successives depuis le Ségur de la santé, le taux horaire effectif des internes reste modeste au regard du SMIC, situant la France en retrait par rapport à ses voisins européens.

Pour aller plus loin

Pour compléter votre compréhension des rémunérations dans le secteur de la santé, vous pouvez consulter nos autres articles sur les salaires des professionnels médicaux et paramédicaux.

Quel est le salaire net d’un interne en médecine en 1re année ?

Un interne de première année perçoit 1 278 € nets par mois au titre de ses émoluments de base (1 617 € bruts). Avec l’indemnité de sujétion de 344 € nets et 3 à 4 gardes mensuelles (500 à 800 € nets), le revenu total se situe entre 1 900 € et 2 050 € nets par mois.

Combien rapporte une garde de nuit pour un interne ?

Depuis la majoration de 50 % appliquée en 2024, une garde de nuit en semaine rapporte 234,80 € bruts (environ 185 € nets). Une garde de week-end ou de jour férié est rémunérée 256,86 € bruts (environ 203 € nets). Ces montants s’ajoutent aux émoluments mensuels de base.

Quelle est la progression salariale au cours de l’internat ?

La progression connaît un bond de 32 % entre la 2e et la 3e année d’internat, passant de 1 394 € à 1 842 € nets par mois (hors primes). En revanche, la rémunération stagne quasi totalement de la 3e à la 5e année, avec seulement 31 € d’écart mensuel sur cette période.

Qu’est-ce que le statut de Docteur Junior et quelle rémunération offre-t-il ?

Le Docteur Junior Ambulatoire (DJA) est un statut créé pour la 4e année de médecine générale. Il offre une rémunération socle de 2 375 € bruts par mois, complétée par une prime d’autonomie de 417 € bruts. Avec les primes variables (activité, zone prioritaire), la rémunération peut atteindre 3 392 € bruts mensuels, soit environ 2 680 € nets.

Combien d’heures travaille réellement un interne en médecine ?

Le temps de travail légal est fixé à 48 heures hebdomadaires, conformément au droit français et européen. Dans la pratique, les internes travaillent en moyenne 59 heures par semaine, avec des pointes dépassant 80 heures dans certaines spécialités comme la chirurgie. Ce volume horaire inclut les gardes, les astreintes et l’activité en service.

Comment se situe la rémunération des internes français par rapport aux pays voisins ?

Un interne français gagne environ 67 % du salaire moyen national, contre plus de 135 % en Allemagne. En termes absolus, les rémunérations allemandes peuvent atteindre 3 à 4 fois celles pratiquées en France à l’entrée en internat, ce qui contribue à l’attractivité des pays voisins pour les jeunes médecins français.

Sources

Cet article a été rédigé à partir des données les plus récentes disponibles concernant la rémunération des internes en médecine. Dernière mise à jour : février 2026.

  • Arrêté du 8 juillet 2022 fixant les émoluments des internes en médecine
  • Code de la Santé Publique, dispositions relatives au statut des internes
  • Mesures du Ségur de la santé applicables aux internes (2020-2024)
  • Grilles de rémunération des gardes et astreintes mises à jour en 2024
  • Données sur le statut de Docteur Junior Ambulatoire (réforme 2020)